Premix bière : qu’est-ce que c’est et lesquels choisir

Dans les rayons des caves à bières comme derrière les comptoirs, le premix bière s’est fait une place discrète mais solide. On parle de ces boissons où la bière sert de base à un mélange déjà réalisé en amont, souvent avec des arômes, des jus de fruits, des sodas ou des épices. Ce ne sont ... Lire plus
Lucas Bertin
découvrez ce qu'est un premix bière, ses avantages, et comment choisir le meilleur premix pour profiter d'une bière fraîche et savoureuse à tout moment.

Dans les rayons des caves à bières comme derrière les comptoirs, le premix bière s’est fait une place discrète mais solide. On parle de ces boissons où la bière sert de base à un mélange déjà réalisé en amont, souvent avec des arômes, des jus de fruits, des sodas ou des épices. Ce ne sont plus seulement des gadgets marketing pour soirées étudiantes, mais de vraies boissons prêtes à consommer avec un profil aromatique travaillé, une cible précise et parfois même un vrai discours de brasserie artisanale. Les consommateurs qui s’ennuient devant les blondes standard y trouvent une porte d’entrée vers des goûts plus marqués, sans forcément sauter directement dans le bain des IPA chargées en houblon.

Le sujet devient intéressant dès qu’on gratte un peu la surface. D’un côté, les grands groupes poussent des produits calibrés, très sucrés, format canette colorée. De l’autre, des brasseurs indépendants bricolent des recettes de bière aromatisée au citron, à la mangue ou au yuzu, parfois vendues comme des cocktails légers. Entre les deux, les bars doivent gérer leur carte, leur rentabilité, et le fameux débat sur la « vraie » bière par rapport aux produits plus ludiques. Certains y voient une porte grande ouverte aux dérives de sucre et de marketing tapageur. D’autres y lisent une opportunité de renouveler l’offre et d’initier les néophytes à la diversité des saveurs. Bref, le premix n’est plus un détail, c’est devenu un terrain de jeu à part entière.

  • Premix bière : mélange prêt à boire à base de bière et d’ingrédients non alcoolisés ou aromatisants.
  • Types de premix : des radlers légers aux cocktails bière-spiritueux plus costauds.
  • Choix premix : regarder le taux de sucre, le volume d’alcool, la base de bière et la liste d’ingrédients.
  • Avantages premix bière : régularité du goût, rapidité de service, découverte pour les débutants.
  • Markéting premix : packaging, noms accrocheurs et ciblage assumé des publics jeunes et festifs.

Premix bière : définition, cadre légal et évolution du phénomène

Un premix bière, dans le vocabulaire des boissons, désigne une préparation où une bière est mélangée à l’avance avec une boisson non alcoolisée ou des arômes, puis conditionnée telle quelle. Ce n’est pas un simple cocktail fait au bar à la demande, c’est une boisson standardisée, pensée pour être ouverte et bue directement. Historiquement, on retrouve là-dedans les radlers citron, les bières-pamplemousse ou les versions « twist » à la limonade qui ont envahi les étals au début des années 2000. Techniquement, la base reste une bière fermentée classique, à laquelle on ajoute ensuite un autre liquide ou un assemblage d’ingrédients.

Sur le plan réglementaire, ces boissons se situent dans une zone bien définie. Un premix à base de bière se retrouve souvent dans la catégorie des boissons alcoolisées titrant entre 1,2 % et 12 % d’alcool par volume. Dès que le taux de sucre grimpe au-delà d’un certain seuil, elles peuvent être soumises à une fiscalité spécifique, parfois surnommée « taxe premix ». L’objectif officiel est de limiter l’attrait des boissons très sucrées et alcoolisées pour les publics novices, en particulier les plus jeunes. Dans les faits, cela incite les fabricants à mieux calibrer leurs recettes, soit en abaissant le sucre, soit en assumant un positionnement plus premium pour compenser le coût supplémentaire.

Le terme premix ne se limite pas à la bière, d’ailleurs. Il englobe aussi les mélanges prêts à boire à base de spiritueux dilués dans des sodas. Mais pour la bière, la logique reste la même : une boisson prête à consommer, souvent gazeuse, qui joue sur un profil aromatique plus accessible qu’une blonde classique. On se retrouve parfois avec des produits qui ont le goût d’un soda, la couleur d’un soda, mais bel et bien de l’alcool en arrière-plan. Ce flou sensoriel explique pourquoi certains consommateurs ont l’impression de « ne pas boire d’alcool », alors que la teneur peut approcher celle d’une pilsner.

L’évolution du phénomène raconte aussi l’histoire des goûts. Les « alcopops » à base de vodka et de limonade ont explosé dans les années 1990, avant de reculer fortement dans la décennie suivante. En parallèle, les premix à base de bière ont changé de visage. Moins de produits fluo au goût chimique, davantage de références travaillant les saveurs premix bière à partir de vrais jus de fruits, de purées ou d’épices. Certaines brasseries artisanales s’y mettent par petites touches, avec par exemple une blanche à la framboise conditionnée en canette, qui joue le jeu du cocktail bière léger.

Un autre point souvent ignoré concerne la base brassicole. Tous les premix ne se valent pas. Une bière industrielle très neutre supportera des arômes puissants mais n’apportera pas grand-chose par elle-même. À l’inverse, certains produits partent d’une vraie lager travaillée, d’une witbier ou même d’une sour, ce qui donne de la complexité dès la première gorgée. Mon avis perso, à prendre ou à laisser : un premix basé sur une bière insipide aura toujours du mal à convaincre, même avec un marketing léché.

Dans un contexte où les consommateurs se renseignent de plus en plus, les marques ne peuvent plus se contenter de masquer la base sous le sucre. Elles sont obligées de raconter ce qu’il y a dans la bouteille, d’expliquer l’origine des ingrédients et de préciser le rôle de la bière dans l’ensemble. C’est d’ailleurs ce qui distingue une simple limonade alcoolisée d’une bière mélangée pensée comme telle. Pour orienter les choix, comprendre ce cadre légal et historique aide déjà à séparer les produits travaillés des gadgets de soirée.

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Différence entre premix bière, bière aromatisée et cocktail au bar

Le vocabulaire n’aide pas toujours. Une bière aromatisée peut être une bière fermentée avec des zestes d’agrumes, du gingembre ou des épices directement en cuve. Dans ce cas, tout est intégré dans le processus de brassage, avec une vraie interaction entre la levure, le malt et les ingrédients secondaires. Le premix, lui, repose sur un assemblage réalisé après coup. La bière est déjà finie, on vient lui ajouter un autre liquide, un sirop, un extrait ou autre composant. La nuance paraît subtile, mais en bouche, elle se sent souvent.

Quant au cocktail préparé au bar, il reste un mélange minute. Une bière versée sur un trait de sirop de cassis, un shandy préparé avec limonade, tout cela relève du service, pas de la production. Un premix bière reprend l’esprit de ces mélanges, mais en version embouteillée ou en canette, avec une recette répétable et contrôlée. Si vous avez déjà goûté un panaché fait maison, puis un panaché industriel, la différence de sensation en bouche illustre bien la frontière entre produit artisanal immédiat et boisson formatée.

Les grands types de premix bière et leurs profils aromatiques

Dès qu’on classe les types de premix, on voit apparaître plusieurs familles avec des logiques assez distinctes. La première, ce sont les radlers et bières-panachés. Ici, la bière se marie avec une limonade ou un soda citronné, avec un taux d’alcool abaissé autour de 2 à 3 %. C’est rafraîchissant, léger, souvent servi très frais l’été. Le goût de houblon reste discret, la priorité va à l’acidité du citron et au côté désaltérant. Quand c’est bien fait, on garde une petite amertume en fin de bouche, ce qui évite l’effet limonade plate.

Deuxième famille, les bières-fruits. On parle ici de bière mélangée à des jus ou concentrés de fruits, du classique pamplemousse aux combinaisons plus audacieuses comme mangue-passion ou fruits rouges épicés. Le degré d’alcool varie davantage, souvent entre 3,5 % et 5 %, avec des sucres résiduels plus marqués. Ces produits visent ceux qui aiment les boissons rondes, gourmandes, où la bière reste en toile de fond. L’équilibre se joue entre sucrosité, acidité du fruit et amertume de la base brassicole.

On trouve ensuite les premix inspirés de cocktails. Radler façon mojito, bière-lime-menthe, mélange bière-tequila aromatisée, les exemples se multiplient. On n’est plus seulement sur une boisson prête à consommer, mais sur une imitation de cocktail long drink le plus pratique possible. Teneur en alcool entre 4 et 7 %, sucre souvent élevé, packaging flashy. Sur le papier, ça passe. En bouche, c’est autre chose : quand le dosage menthe-citron devient agressif, la bière disparaît et on se retrouve avec un sirop alcoolisé difficile à finir.

Depuis quelques années, une autre catégorie progresse en parallèle : les premix plus « craft », travaillés à partir de sour ales ou de bières de blé, avec des fruits ajoutés après fermentation. Certains brasseurs présentent ces produits comme des « cocktails de brasserie », avec un jus de cassis, de la purée de framboise, voire une pointe de basilic ou de gingembre. Ici, les saveurs premix bière jouent sur une tension intéressante entre acidité vive et fruité intense. On est loin des panachés classiques, et l’accord mets-boisson devient carrément intéressant avec des desserts ou des plats épicés.

Pour se repérer parmi tout cela, quelques critères sensoriels valent la peine d’être mémorisés. D’abord, la robe : un premix trouble à la couleur naturelle de fruit rassure souvent plus qu’un liquide fluorescent. Ensuite, le nez : si les arômes rappellent fortement un bonbon industriel, le dosage en arômes artificiels est probablement très poussé. Enfin, la finale en bouche : une légère amertume et une sensation de bière sous-jacente indiquent une vraie place laissée à la base brassicole, alors qu’une fin collante signe souvent un sucre omniprésent.

Le fameux personnage qu’on retrouve souvent au comptoir, appelons-le Julien, illustre bien ces profils. Julien a commencé avec des panachés citron en soirée, puis a testé une bière-framboise artisanale en cave spécialisée. Résultat, il ne supporte plus les radlers trop chimiques mais recommande volontiers une sour à la mangue en premix à ceux qui jurent encore par la limonade. Ce cheminement n’a rien d’exceptionnel, il montre simplement comment ces produits peuvent servir de tremplin vers des styles de bière plus complexes.

Tableau comparatif des grandes familles de premix bière

Pour y voir plus clair au moment du choix premix, un tableau permet de comparer d’un coup d’œil les profils typiques.

Catégorie de premix bière Alcool moyen Niveau de sucre perçu Profil de saveurs Occasion de consommation
Radler / panaché citron 2 à 3 % Modéré Citron, légère amertume, très rafraîchissant Terrasse, soif, après-sport
Bière-fruit classique (pamplemousse, fruits rouges) 3,5 à 5 % Élevé Fruit dominant, douceur, faible amertume Apéritif, soirées festives
Premix type cocktail (mojito, tequila, etc.) 4 à 7 % Élevé Menthe, citron, notes spiritueux, effet « soda alcoolisé » Clubbing, fêtes étudiantes
Premix sour / craft fruité 4 à 6 % Variable Acidité marquée, fruit frais, base bière expressive Dégustation, accords mets-bières

Ce qu’il faut retenir : chaque famille a son terrain de jeu. Le radler pour la soif, la bière-fruit pour le côté dessert, le premix façon cocktail pour l’ambiance club, et les versions sour pour ceux qui veulent un profil plus pointu. Se tromper de catégorie, c’est souvent juger trop vite un style qui n’était simplement pas prévu pour le contexte dans lequel on l’a bu.

Comment bien choisir son premix bière : critères techniques et pièges à éviter

Au rayon des choix premix, l’étiquette raconte déjà une bonne partie de l’histoire. Premier réflexe : regarder le taux d’alcool. Pour une boisson légère de terrasse, rester sous les 4 % a du sens. Pour un apéritif plus sérieux, dans les 5 à 6 %, on garde un côté convivial sans basculer dans le lourd. Au-delà, les premix commencent à flirter avec l’univers des cocktails, et le risque d’oubli de la teneur réelle en alcool augmente, surtout si le goût reste très sucré.

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Deuxième critère, la liste des ingrédients. Un premix bière qui met en avant un jus de fruit à un pourcentage lisible inspire davantage confiance qu’une simple mention « arômes ». Ce n’est pas une garantie absolue de qualité, mais un bon signal. La présence d’édulcorants intenses peut aussi modifier le ressenti en bouche, avec souvent une finale un peu métallique ou artificielle. Quand c’est possible, comparer deux produits sur ce point donne rapidement une idée du soin apporté à la recette.

La base de bière ne doit pas être oubliée. Un produit qui affiche clairement « base lager » ou « bière blanche » indique au moins une intention de style. Sur un mélange citron, une blanche apporte souvent plus de relief grâce à ses notes céréalières et épicées naturelles. Sur un fruit rouge, une base de sour peut faire des merveilles. À l’inverse, une bière totalement neutre servira de simple support alcoolisé, sans réel intérêt gustatif. Pour les curieux, goûter un premix puis la bière « mère », quand elle existe, permet de mesurer combien le mélange respecte ou écrase la base.

Troisième volet, le profil sucré. Même sans chiffres précis de grammes par litre, la sensation en bouche suffit à se faire un avis. Une boisson prête à consommer qui laisse la bouche collante, sans aucune fraîcheur finale, risque d’écœurer rapidement. À l’inverse, un premix trop sec mais bourré d’acidité peut donner une impression agressive. L’idéal se situe souvent dans un entre-deux : une impression gourmande à l’attaque, mais une fin de bouche légèrement amère ou acidulée qui donne envie de reprendre une gorgée.

Enfin, un mot sur le contexte de dégustation. Un premix ouvert en soirée, servi glacé dans un verre à pied, n’aura pas le même impact qu’une canette bue à même le contenant, à moitié tiède. Mon avis perso, à prendre ou à laisser : ces produits gagnent beaucoup à être servis dans un vrai verre, avec au moins un semblant de service. On voit la couleur, on sent le nez, et on peut mieux juger l’équilibre global. Pour un bar, prendre 20 secondes de plus pour verser un premix correctement peut changer la perception du client, surtout celui qui découvre.

Liste de repères pratiques pour sélectionner un premix bière

Pour résumer les réflexes qui aident vraiment au moment de choisir :

  • Regarder le degré d’alcool et l’adapter au moment de consommation prévu.
  • Lire la liste d’ingrédients et privilégier les mentions claires de jus ou purées de fruits.
  • Identifier la base de bière (lager, blanche, sour) quand c’est indiqué.
  • Évaluer le profil sucré après quelques gorgées, pas seulement à la première impression.
  • Tester dans un vrai verre au moins la première fois pour juger couleur et arômes.

Sérieusement, qui n’a jamais acheté une canette uniquement pour son design avant de regretter à la première gorgée ? Se fier uniquement au graphisme ou à un slogan amusant, c’est laisser le markéting premix décider à sa place. En réalité, deux minutes de lecture d’étiquette et un peu d’observation suffisent à éviter une bonne partie des déceptions.

Avantages et limites du premix bière pour les consommateurs et les bars

Les avantages premix bière ne se réduisent pas au côté « pratique ». Pour un consommateur qui n’ose pas encore s’aventurer vers les IPA amères ou les stouts torréfiés, ces produits offrent une entrée en matière rassurante. Le goût est souvent plus doux, les repères sensoriels plus proches des sodas ou des jus, ce qui enlève une part d’appréhension. Certains découvriront ainsi qu’ils apprécient une légère amertume ou une pointe d’acidité, et glisseront ensuite vers des bières plus classiques mais mieux choisies.

Pour un bar, le premix répond à une autre problématique : la régularité. Un cocktail bière réalisé à la main dépend beaucoup de la personne derrière le comptoir, de son humeur et de son degré de précision. Un radler fait à la volée ne sera jamais identique d’un service à l’autre. Avec un premix, le dosage reste constant, le temps de service chute, et la marge devient plus prévisible. Dans un contexte de forte affluence, cela fait une vraie différence sur le flux au comptoir.

D’un point de vue économique, ces produits permettent aussi de diversifier l’offre sans multiplier les références de spiritueux. Un établissement qui ne souhaite pas investir dans une carte de cocktails sophistiquée peut quand même proposer des boissons originales, à mi-chemin entre la bière et le long drink. Pour les petits bars de quartier, c’est un argument concret. Pas la peine de vider son PEL pour acheter tout un back-bar de rhums et de gins si quelques premix bien choisis couvrent déjà une partie des demandes.

Les limites existent pourtant. La première tient au risque de confusion. Un client qui enchaîne des premix très sucrés peut sous-estimer la quantité d’alcool ingérée, car la perception en bouche masque souvent la force réelle de la boisson. Pour un professionnel, la responsabilité consiste à communiquer clairement sur les degrés et à proposer des volumes de service adaptés. Une canette entière à 6 % se boit plus vite qu’un demi de pilsner, tout simplement parce que le sucre pousse à reprendre des gorgées.

Deuxième limite, la saturation du palais. À force de boire des produits fruités très marqués, certains consommateurs finissent par trouver les bières « classiques » fades. Le risque, c’est de créer une habitude de boisson-dessert qui n’a plus grand-chose à voir avec la dégustation de bière. Là encore, tout dépend de la manière dont le bar ou la cave présente ces références. Positionner un premix sour à la framboise à côté d’une lambic traditionnelle, c’est ouvrir une porte vers autre chose, pas enfermer le client dans le sucré.

Enfin, il y a la question de l’image. Une partie des amateurs de bière considèrent encore les premix comme des produits « gadget », indignes d’un vrai amateur. Cette vision manque de nuance. Certains produits industriels peu inspirés méritent leur réputation. D’autres, plus travaillés, constituent de bons outils pédagogiques pour accompagner des amis moins habitués à la bière. En vrai, c’est bien plus simple qu’on croit : juger chaque référence pour ce qu’elle est, plutôt que pour l’étiquette « premix » qu’elle porte.

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Impact du premix bière sur la culture bière artisanale

Un point souvent passé sous silence concerne la place des premix dans la culture bière en général. Quand une brasserie artisanale lance une gamme de saveurs premix bière, elle se met forcément en risque auprès de son noyau dur de fans qui attendent des IPA ou des saisons pointues. Pourtant, certains brasseurs racontent que ces produits deviennent leurs meilleures portes d’entrée en salon ou en festival. Un visiteur peu habitué ose goûter une bière-fruit en premix, apprécie, puis se laisse tenter par une pale ale. C’est tout sauf anecdotique.

Pour ceux qui animent des dégustations, ces boissons peuvent servir de pivot. On peut commencer par un radler bien équilibré, enchaîner sur une blanche au citron naturelle, puis sur une session IPA légère. Le passage de l’un à l’autre se fait presque sans effort, et l’idée que la bière peut être fraîche, fruitée et complexe s’installe doucement. Le premix cesse alors d’être un « produit d’appel » pour devenir un maillon dans un parcours de découverte.

À l’inverse, si un lieu ne propose que des premix très sucrés, sans aucun lien avec des bières de caractère, le message envoyé devient ambigu. Le consommateur croit explorer le monde de la bière alors qu’il navigue dans l’univers des softs alcoolisés. L’équilibre à trouver reste simple : utiliser ces produits comme compléments, pas comme substituts systématiques. Quand cet équilibre est respecté, les premix enrichissent la culture bière plutôt qu’ils ne la diluent.

Markéting premix : entre design, ciblage et transparence nécessaire

Le markéting premix joue un rôle central dans le succès ou l’échec de ces boissons. On croise souvent des canettes ultra colorées, des noms de produits inspirés de cocktails ou de destinations exotiques, et des slogans qui mettent en avant la fête plutôt que le goût. Ce choix n’a rien d’innocent. Il cible précisément un public qui cherche une boisson facile à boire, festive, Instagram-compatible. Pour certains, c’est presque un accessoire de soirée autant qu’une boisson.

Cette approche pose pourtant une question de fond : que met-on en avant, la qualité de la bière ou le storytelling visuel ? Quand tout le budget part dans le design et la campagne de communication, on a parfois des doutes sur ce qui se passe en cuve. À l’inverse, quelques brasseries jouent une autre carte, avec des étiquettes plus sobres, un discours axé sur la recette, l’origine des fruits, la maîtrise du sucre. Ces produits n’explosent pas forcément en volume de vente, mais se bâtissent une crédibilité solide auprès d’un public plus exigeant.

Du côté des bars et cavistes, la manière d’exposer ces références influe aussi sur la perception. Placer les premix à côté des sodas et des hard seltzers envoie un signal différent que de les intégrer dans une sélection de bières artisanales. Certains établissements choisissent de créer un rayon « boissons hybrides », où l’on retrouve ces mélanges bière-fruit, mais aussi des seltzers houblonnés ou des cocktails prêts à boire. L’idée consiste à assumer cette catégorie à part entière sans la noyer dans les classiques.

Un autre enjeu du marketing se situe dans la transparence. Afficher clairement le taux de sucre, voire donner une indication du nombre de grammes pour 100 ml, serait une manière honnête d’informer les consommateurs. Pour l’instant, la plupart des étiquettes restent timides sur ce point, se contentant d’un discours flou du style « goût fruité intense ». Mon palais me dit que, souvent, « intense » rime surtout avec une grosse dose de sucre. Là-dessus, les producteurs qui joueront la carte de la clarté pourraient se démarquer.

Les campagnes de communication digitales méritent aussi d’être regardées de près. Sur les réseaux sociaux, les pubs pour premix bière mettent rarement en avant la base brassicole. On voit surtout des glaçons, des tranches de citron, des piscines et des groupes d’amis en terrasse. Pour un lecteur déjà sensibilisé à l’univers de la bière, ce décalage peut refroidir. Pour un public moins averti, il crée au contraire une image de boisson simple, accessible et sympathique. Pas sûr que tout le monde soit d’accord avec cette approche, mais elle fonctionne objectivement sur certains segments.

Au final, le marketing ne doit pas être diabolisé, mais observé avec un peu de recul. Un packaging réussi n’est pas un problème en soi. Le problème apparaît quand le design sert à masquer un produit sans intérêt. Inversement, une communication honnête peut aider un consommateur à trouver exactement le style de premix bière qui lui correspond, sans mauvaise surprise. Si l’on ne retient qu’une chose sur ce point : lire l’étiquette reste plus fiable que de se fier à la seule illustration.

Qu’est-ce qu’un premix bière au juste ?

Un premix bière est une boisson alcoolisée prête à boire qui utilise une bière comme base, mélangée à l’avance avec une boisson non alcoolisée (soda, jus, limonade) ou des arômes. Le mélange est réalisé par le producteur, puis conditionné en bouteille ou en canette, ce qui le distingue d’un cocktail bière préparé à la demande au bar.

Comment différencier une bière aromatisée d’un premix ?

Une bière aromatisée intègre les ingrédients (fruits, épices, zestes) pendant ou juste après la fermentation, dans le cadre du brassage. Le premix repose sur un assemblage entre une bière déjà terminée et un autre liquide ou des arômes. Sur l’étiquette, la mention de jus ajoutés, de limonade ou de soda après coup indique généralement un premix.

Les premix bière sont-ils toujours très sucrés ?

Non, même si beaucoup de références industrielles sont marquées par un fort taux de sucre. On trouve aujourd’hui des premix plus secs, notamment à base de sour ou de bières de blé, où l’acidité du fruit remplace une partie de la sucrosité. Lire les ingrédients, goûter attentivement la finale en bouche et comparer plusieurs marques permet de repérer les versions les moins sucrées.

Quel premix bière choisir pour débuter quand on n’aime pas l’amertume ?

Pour une première approche, les radlers citron peu alcoolisés et les bières-fruits à base de pamplemousse ou de fruits rouges sont souvent les plus accessibles. Ils offrent un profil rafraîchissant avec une amertume très faible. À l’inverse, les premix inspirés de cocktails ou les versions sour plus acides conviennent mieux à ceux qui ont déjà un peu l’habitude des saveurs de bière.

Peut-on utiliser un premix bière en cocktail maison ?

Oui, certains barmans l’utilisent comme base rapide. Un premix bière-citron peut remplacer à la fois la bière et une partie du jus dans un shandy revisité, par exemple. Il faut simplement garder en tête que le sucre et l’alcool sont déjà présents, donc adapter les autres ingrédients pour éviter un résultat trop lourd.

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