Crème frangipane maison, la recette à la crème pâtissière et à l’amande

Douce, parfumée, un peu régressive, la crème frangipane maison fait partie de ces préparations de pâtisserie qui transforment une simple pâte feuilletée en véritable cérémonie. Entre la tradition de la galette des rois, les dimanches d’hiver à préparer un dessert aux poires et les essais de tartes plus modernes pistache-framboise, cette crème à base de ... Lire plus
Lucas Bertin
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Douce, parfumée, un peu régressive, la crème frangipane maison fait partie de ces préparations de pâtisserie qui transforment une simple pâte feuilletée en véritable cérémonie. Entre la tradition de la galette des rois, les dimanches d’hiver à préparer un dessert aux poires et les essais de tartes plus modernes pistache-framboise, cette crème à base de crème pâtissière et d’amande reste un pilier rassurant. Elle demande quelques gestes précis, un peu de patience pour les temps de refroidissement, mais rien d’insurmontable. Le résultat, lui, n’a juste rien à voir avec les versions industrielles au goût d’arôme chimique et de gras anonyme. Une fois que l’on a mis le nez dans une frangipane chaude qui sort du four, difficile de revenir en arrière.

Cet article décortique la recette de la vraie crème frangipane, celle qui marie environ deux tiers de crème d’amande et un tiers de crème pâtissière. On y trouve des proportions concrètes, des astuces pour éviter qu’elle ne coule, des idées pour l’aromatiser sans la masquer, mais aussi des conseils de conservation pour gagner du temps sur une galette de rois maison. Le fil rouge, c’est l’idée qu’une bonne frangipane n’est pas qu’un mélange de poudres : elle a une texture, une couleur, un parfum qui racontent la qualité des ingrédients utilisés. Un peu comme une bière artisanale où la moindre erreur de température ou de dosage se ressent tout de suite à la dégustation. Ici, chaque détail compte, du choix du lait entier jusqu’au zeste d’orange.

En bref

  • Crème frangipane maison = mélange de crème d’amande et de crème pâtissière, idéal pour galette, tarte et gâteau.
  • Proportions recommandées : environ 2/3 crème d’amande pour 1/3 crème pâtissière pour une texture fondante mais tenue.
  • Ingrédients clés : amande en poudre, beurre pommade, lait entier, jaunes d’œufs, sucre, Maïzena, éventuels arômes (rhum, agrumes, vanille).
  • Étapes essentielles de la préparation : réaliser et refroidir la crème pâtissière, crémer le beurre, puis mélanger les deux crèmes en deux fois.
  • Erreurs fréquentes : utiliser de la margarine, zapper la crème pâtissière, fouetter trop, garnir avec une crème encore tiède.
  • Conservation : 2 jours au réfrigérateur, jusqu’à 2 mois au congélateur si la crème est parfaitement protégée de l’air.

Sommaire

Crème frangipane maison à la crème pâtissière et à l’amande : comprendre la base avant de sortir la fève

Avant de se lancer dans la réalisation d’une crème frangipane maison, il vaut mieux clarifier un point qui fait trébucher beaucoup de monde : non, la frangipane n’est pas simplement une crème d’amande. La confusion est courante, y compris chez certains boulangers de quartier qui annoncent une « galette amande » alors qu’ils parlent en réalité de frangipane. Dans sa version traditionnelle, celle qui garnit la galette des rois depuis plusieurs siècles, la frangipane est un mélange de deux crèmes : une crème d’amande assez riche et une crème pâtissière plus légère, à base de lait et d’œufs.

Sur le papier, la différence semble subtile. En bouche, c’est autre chose. Une simple crème d’amande donne un résultat plus dense, parfois un peu sec, qui convient bien à certain type de dessert comme une tarte bourdaloue ou une amandine aux fruits. La frangipane, elle, reste fondante, presque moelleuse sous la dent, avec une sensation de crème qui coule légèrement quand elle est encore tiède. Le rôle de la crème pâtissière est justement d’apporter cette onctuosité et de tempérer la puissance de l’amande.

Historiquement, le nom viendrait de Cesare Frangipani, un noble italien qui aurait offert une préparation parfumée à l’amande à Catherine de Médicis. Vrai ou romancé, ce récit rappelle au moins une chose : la frangipane appartient à la grande famille de ces crèmes d’assemblage, un peu comme certains assemblages de malts en brasserie. On ne cherche pas un ingrédient dominant, mais un équilibre où chaque composant soutient l’autre. Ce n’est pas pour rien si la frangipane supporte aussi bien les fruits d’hiver comme la poire que les fruits d’été comme l’abricot.

Dans la pratique, la proportion qui fonctionne le mieux tourne autour de deux tiers de crème d’amande pour un tiers de crème pâtissière. En dessous, la frangipane perd de sa personnalité amandée. Au-dessus, elle se rapproche trop d’une simple crème d’amande. Ce ratio n’a rien de dogmatique, mais sur un panel de galettes de rois dégustées ces dernières années, c’est clairement celui qui donne le plus de régularité. Pour s’en rendre compte, il suffit de comparer une part de galette issue d’une grande surface avec une part réalisée avec une vraie frangipane : la texture, la tenue et le parfum ne jouent pas dans la même catégorie.

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L’autre point qui change tout, ce sont les matières premières. Lait entier plutôt que lait écrémé, beurre de qualité et non margarine anonyme, poudre d’amande fraîche plutôt qu’un paquet oublié au fond d’un placard depuis Noël dernier. Mon avis perso, à prendre ou à laisser : sur ce type de préparation, mieux vaut faire une galette par saison en misant sur de bons ingrédients que quatre avec une frangipane insipide. Surtout quand on sait qu’avec un paquet de poudre d’amande, on peut garnir plusieurs galettes en maîtrisant son coût.

Une fois cette base comprise, la frangipane devient un terrain de jeu. On peut la parfumer au rhum ambré, au zeste d’orange, à la fleur d’oranger, voire à la pistache ou à la noisette. Certaines combinaisons deviennent presque des signatures : frangipane pistache-framboise, frangipane chocolat, galette poire-chocolat avec une fine couche de crème frangipane en dessous. D’ailleurs, pour une idée très précise d’association réussie, jeter un œil à la recette de galette revisitée sur cette version poire chocolat montre à quel point une bonne frangipane sert de colonne vertébrale à un gâteau feuilleté.

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Recette détaillée de crème frangipane maison : ingrédients, étapes et texture idéale

Passons aux choses sérieuses : la recette concrète. Ici, l’objectif est d’obtenir une crème frangipane qui se tient à la cuisson, reste fondante et garde un parfum net d’amande. Pour un volume adapté à une belle galette des rois de 6 à 8 parts, les quantités suivantes constituent un bon point de départ.

Les ingrédients pour une vraie frangipane maison

La préparation se découpe en deux sous-recettes : la crème pâtissière d’un côté, la crème d’amande de l’autre. Ce tableau récapitule les quantités et le rôle de chaque ingrédient.

Élément Quantité Rôle dans la préparation
Lait entier 250 ml Base de la crème pâtissière, apporte onctuosité et goût lacté.
Jaunes d’œufs 3 pièces Épaississement naturel, couleur dorée et texture crémeuse.
Sucre en poudre pour pâtissière 50 g Sucre la crème et améliore sa brillance à la cuisson.
Farine 1 c. à soupe Donne une tenue légère et stable à la crème.
Maïzena 1 c. à soupe Épaississement rapide, texture lisse sans grumeaux.
Beurre mou 55 g Fondant, moelleux après cuisson, base de la crème d’amande.
Sucre en poudre pour amande 30 g Apporte douceur et structure.
Cassonade 30 g Note caramélisée qui renforce le goût d’amande.
Poudre d’amande 50 g Cœur aromatique de la frangipane, texture légèrement granuleuse.
Maïzena pour la crème d’amande 1 c. à soupe Absorbe l’humidité, évite que la crème ne coule.
Œuf entier 1 pièce Assure la cohésion de la crème d’amande.
Pincée de sel 1 Équilibre les saveurs, réveille l’amande.
Zeste d’orange Selon goût Apporte fraîcheur et complexité aromatique.
Rhum ambré (facultatif) 1/2 c. à soupe Arôme chaud et traditionnel des galettes.

On remarque que la Maïzena apparaît dans les deux parties : c’est ce qui permet d’avoir une crème ferme mais fondante une fois la galette cuite. Remplacer la Maïzena par uniquement de la farine donne souvent un résultat plus lourd, moins lisse. Ici, la combinaison des deux fait clairement la différence, surtout si l’on aime une frangipane qui se coupe nettement sans s’effondrer.

Réaliser une crème pâtissière lisse et sans grumeaux

Pour démarrer, le lait entier est versé dans une casserole et chauffé jusqu’aux premiers frémissements. Pas besoin d’un gros bouillon agressif : dès que ça commence à fumer légèrement, le lait est à la bonne température. Pendant ce temps, les jaunes d’œufs sont fouettés avec le sucre jusqu’à ce que le mélange pâlisse et devienne un peu mousseux. Ce « blanchiment » n’est pas une coquetterie de chef : il garantit que le sucre se dissout bien et évite les cristaux désagréables en bouche.

On ajoute ensuite farine et Maïzena, toujours au fouet, pour obtenir un appareil homogène. Les grumeaux sont l’ennemi déclaré à ce stade, un peu comme les faux-goûts en fermentation pour une bière. Le lait chaud est versé progressivement en filet sur le mélange œufs-sucre-farines, tout en fouettant. Ce geste tempère les œufs : on leur évite un choc thermique qui provoquerait une omelette inattendue.

Le tout repart dans la casserole, sur feu moyen, en remuant sans s’arrêter. La crème épaissit, devient lisse, brillante et commence à napper le fouet. Une fois qu’elle bout quelques secondes, elle a atteint la bonne consistance. Elle est immédiatement versée sur une assiette recouverte de film alimentaire, puis recouverte d’un second film au contact direct de la crème. Ce double film empêche la formation d’une peau en surface et protège la texture. Elle finit de refroidir d’abord à température ambiante, puis au réfrigérateur. Tant que la crème n’est pas totalement froide, pas question de la mélanger à la crème d’amande.

Préparer la crème d’amande sans la rendre lourde

La crème d’amande commence par un geste simple : crémer le beurre mou avec une pincée de sel. Trois bonnes minutes de batteur à vitesse moyenne ne sont pas de trop. Le beurre s’éclaircit, devient presque mousseux. C’est ce travail qui donne ensuite une frangipane légère plutôt qu’un bloc compact. Sucre en poudre, cassonade, poudre d’amande et Maïzena sont ajoutés ensuite. On mélange jusqu’à obtenir une texture homogène, sans paquets.

Vient ensuite l’œuf entier, puis le zeste d’orange finement râpé et le rhum, si l’on choisit d’en utiliser. À ce stade, l’odeur qui se dégage du saladier donne déjà envie de plonger la cuillère dedans. Résister un minimum reste conseillé, ne serait-ce que pour garder assez de crème pour la galette. Quand la consistance est lisse, la crème d’amande est prête à rencontrer sa partenaire.

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Mariage des deux crèmes : la naissance de la frangipane

La crème pâtissière bien froide est sortie du réfrigérateur et détendue au fouet pour redevenir souple. On ajoute alors la crème d’amande en deux fois. D’abord la moitié, que l’on incorpore soigneusement, puis le reste. Cette étape en plusieurs temps évite les zones mal mélangées et donne une frangipane uniforme, sans strates. En bouche, ça se sent immédiatement : la crème est d’un seul tenant, sans alternance de morceaux plus secs ou plus liquides.

À ce stade, la crème est prête à garnir une galette, une tarte ou même des petits feuilletés individuels. Elle peut aussi patienter au réfrigérateur, filmée au contact, pendant 48 heures maximum. Pour ceux qui veulent un pas à pas visuel, certaines recettes détaillées comme la version crème pâtissière et amande expliquée ici permettent de comparer la texture obtenue à chaque étape. En vrai, tout se joue sur ces quelques gestes simples mais précis.

Les règles d’or pour réussir une crème frangipane qui ne coule pas et ne déborde pas

Une galette des rois qui fuit dans le four, ça arrive à tout le monde au moins une fois. Sérieusement, qui n’a jamais vu une frangipane essayer de s’échapper par les bords, en laissant des tâches caramélisées sur la plaque ? La bonne nouvelle, c’est que ces petits drames se préviennent assez bien en respectant quelques règles. La frangipane n’est pas capricieuse, mais elle ne pardonne pas certains raccourcis.

Températures : le détail qui fait toute la différence

Premier point non négociable : la crème pâtissière doit être totalement froide avant de rejoindre la crème d’amande. Une crème encore tiède fluidifie l’ensemble et donne une frangipane trop liquide, qui aura tendance à bouillir sous la pâte et à fuir à la cuisson. De même, beurre et œufs doivent être à température ambiante. Un beurre trop froid ne se crèmera pas correctement, un œuf glacé risque de faire trancher la préparation.

Autre astuce sous-estimée : réfrigérer la frangipane une trentaine de minutes avant de garnir la pâte feuilletée. Cette étape resserre légèrement la texture. Quand on étale la crème, elle se tient mieux, sans chercher à s’étaler jusqu’au bord. Résultat : moins de débordements, une cuisson plus homogène, une jolie bordure de pâte encore visible.

Éviter les erreurs de texture et les mauvaises substitutions

Remplacer le beurre par de la margarine reste tentant pour des raisons de budget ou de stockage, mais c’est clairement une fausse bonne idée. La margarine ne réagit pas de la même manière à la chaleur et donne une impression de gras lourd plutôt que de fondant. Sur ce point, l’avis est tranché : pour une vraie crème frangipane maison, le beurre reste obligatoire.

Autre erreur fréquente : vouloir « alléger » en supprimant la crème pâtissière. On obtient alors une simple crème d’amande, qui a son intérêt, mais ce n’est plus une frangipane. Le risque, en plus, est d’obtenir un cœur plus sec, surtout si la cuisson se prolonge. Mon palais me dit que cette version manque du côté crémeux qui fait tout le charme de la galette des rois.

Il faut aussi veiller à ne pas trop fouetter la crème une fois les deux préparations mélangées. Un excès d’air incorporé peut provoquer un gonflement exagéré au four, suivi d’un affaissement, voire de fissures. On fouette juste ce qu’il faut pour homogénéiser, pas pour monter une mousse.

Astuces rapides pour rattraper le tir

Malgré toutes les précautions, il arrive que la frangipane paraisse un peu trop fluide. Plusieurs options permettent de corriger le tir :

  • ajouter une cuillère à soupe de poudre d’amande pour absorber l’excès d’humidité ;
  • laisser reposer plus longtemps au froid pour que les matières grasses se raffermissent ;
  • en dernier recours, incorporer une petite cuillère de Maïzena tamisée.

À l’inverse, si la crème semble trop épaisse, une cuillère supplémentaire de crème pâtissière bien froide peut rééquilibrer la texture. L’important est de garder une frangipane souple, qui tombe lentement de la spatule, mais pas liquide au point de couler comme un coulis.

Ces ajustements prennent quelques minutes, mais ils évitent de sacrifier une fournée entière. Pour ceux qui préparent plusieurs galettes pendant la saison, ces repères deviennent vite des réflexes. Un peu à l’image d’un brasseur qui ajuste son eau ou sa levure en fonction de la météo du jour.

Conservation, congélation et organisation : comment apprivoiser la frangipane au quotidien

Entre le boulot, les enfants, les courses et, pour certains, le brassage maison le week-end, bloquer une demi-journée pour une galette n’est pas toujours réaliste. Bonne nouvelle : la crème frangipane maison supporte plutôt bien l’anticipation, à condition de la traiter avec soin. L’ennemi numéro un s’appelle l’air. Dès qu’il circule autour de la crème, la surface s’oxyde, sèche et altère la texture.

Au réfrigérateur : courte durée mais texture préservée

Pour un stockage de courte durée, jusqu’à 2 jours, la frangipane peut séjourner au réfrigérateur dans un récipient hermétique. L’idéal reste de la filmer au contact, directement à la surface, avant de fermer le contenant. Cette double protection limite l’oxydation et évite la formation d’une croûte. Quand arrive le moment de garnir la galette, une brève remise en mouvement au fouet ou à la spatule permet de retrouver une texture lisse.

Organiser sa semaine autour de cette conservation est assez simple : crème pâtissière le soir, crème d’amande le lendemain, assemblage puis repos de la frangipane au frais, galette cuite le surlendemain. Cette organisation fractionnée rend la préparation nettement plus accessible que la session marathon où tout doit être bouclé en quelques heures.

Congélateur : allié discret pour la saison des galettes

Pour allonger la durée, la frangipane peut être congelée jusqu’à 2 mois. Là encore, tout se joue sur l’emballage. On étale la crème refroidie sur un film alimentaire, que l’on replie au contact pour chasser l’air. Un second tour de film, puis une enveloppe de papier aluminium complètent la protection. Le tout peut ensuite rejoindre un sac de congélation de type Ziploc.

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À la décongélation, la texture peut perdre un peu de son aspect initial, mais le goût reste largement supérieur à une garniture industrielle. Il suffit parfois de fouetter légèrement pour homogénéiser. Pour gagner encore en confort, certains pâtissiers amateurs congelent directement la frangipane pochée dans un fond de pâte, prête à cuire. Là, il faut juste surveiller la cuisson car la pâte part d’un état plus froid.

Organisation globale autour de la galette

Un exemple concret : Léa, fan de galette maison, prépare sa frangipane le premier week-end de janvier et la divise en deux portions. Une part file au congélateur, l’autre au réfrigérateur. Elle cuit une galette dès le dimanche avec la crème fraîchement faite, puis une deuxième deux semaines plus tard avec la portion congelée. Elle gagne du temps, étale son budget et, surtout, évite la tentation d’acheter une galette de grande surface « faute de mieux ».

Pour ceux qui veulent pousser plus loin l’optimisation, combiner une frangipane préparée à l’avance avec une pâte feuilletée rapide permet d’obtenir une galette des rois express sans sacrifier le goût. Là encore, l’idée n’est pas de tout faire au dernier moment, mais de se construire un petit stock maîtrisé pour toute la saison.

Au final, bien conservée, la frangipane devient un allié de l’organisation plutôt qu’une contrainte. Et quand une fève traîne sur le plan de travail, il suffit d’un rouleau de pâte feuilletée pour transformer une fin de journée ordinaire en petite fête.

Variantes, arômes et idées de desserts : jouer avec la frangipane sans la dénaturer

Une fois la base maîtrisée, la frangipane peut quitter la seule galette des rois pour aller voir ailleurs. La structure crème d’amande + crème pâtissière reste identique, mais les arômes, les fruits associés et les formats de gâteau changent. L’objectif : garder l’ADN de la frangipane, tout en l’adaptant à la saison et à ses envies.

Aromatiser la crème frangipane sans l’étouffer

Plusieurs pistes fonctionnent très bien pour parfumer une crème frangipane maison :

  • rhum ambré pour une signature classique de galette ;
  • zestes d’orange ou de citron pour une touche fraîche ;
  • fève tonka râpée très finement, en quantité minimale ;
  • eau de fleur d’oranger pour une note plus orientale ;
  • pâte de pistache ou poudre de noisette en substitution partielle de l’amande ;
  • chocolat fondu ou café soluble pour des versions plus gourmandes.

La seule règle vraiment à respecter : ne pas multiplier les arômes à l’excès. Une frangipane rhum, fleur d’oranger, tonka et chocolat à la fois finit par perdre son fil conducteur. Mon conseil : un arôme principal et, au besoin, un seul secondaire en appoint. Par exemple, pistache en base, zeste de citron en support ; ou amande classique, rhum discret pour la chaleur.

Des idées de desserts au-delà de la galette

Sur une pâte sablée, une fine couche de frangipane accueille très bien des poires pochées, des figues fraîches ou des abricots rôtis. La crème protège la pâte de l’humidité des fruits et apporte une dimension beurrée qui manque parfois aux simples tartes aux fruits. En version individuelle, des petits feuilletés garnis de frangipane et de quelques framboises offrent une alternative rapide au gros dessert à partager.

Les amateurs de chocolat peuvent aussi glisser une couche de ganache très fine sous la frangipane, ou parsemer la crème de copeaux de chocolat noir. L’association fonctionne particulièrement bien avec la poire ou la banane. Pour ceux qui aiment sortir des sentiers battus, une galette à la frangipane pistache-framboise permet de jouer sur le contraste entre le gras de la crème et l’acidité des fruits rouges.

Pour s’inspirer d’autres associations, certaines galettes comme celles proposées sur cette galette des rois à la frangipane montrent comment adapter la garniture sans perdre la base traditionnelle. En pâtisserie comme en zythologie, les variations sont les plus intéressantes quand elles respectent le socle technique.

Pourquoi la frangipane supporte bien les twists modernes

La force de cette crème tient à sa structure. La combinaison des œufs, de la Maïzena, du beurre et de la poudre d’amande crée une matrice qui reste stable, même quand on ajoute des arômes liquides ou des inclusions (fruits, chocolat, fruits secs concassés). Là où une simple crème pâtissière aurait tendance à lâcher de l’eau, la frangipane garde une certaine tenue. C’est précisément ce qui en fait une base parfaite pour des « galettes signature » ou des tartes de saison.

Soit dit en passant, cette capacité de la frangipane à encaisser les variations rappelle le rôle du malt dans une bière : structure, couleur, texture, sur laquelle on peut ensuite jouer avec les arômes (houblons, épices, fruits). Tant que la base est saine et maîtrisée, les essais ont plus de chances d’aboutir à quelque chose d’intéressant qu’à un raté complet.

En résumé, une fois la recette de base bien intégrée, il ne reste plus qu’à laisser parler l’imagination. À tester un soir d’hiver, sans hésiter : une galette frangipane classique d’un côté, une version pistache-framboise ou chocolat de l’autre, pour comparer en direct et décider laquelle deviendra la nouvelle tradition de la maison.

Peut-on préparer la crème frangipane maison la veille ?

Oui, la crème frangipane supporte très bien une préparation la veille. Il suffit de la conserver au réfrigérateur dans un récipient hermétique, en la filmant au contact pour éviter qu’elle ne sèche. Le jour J, on la détend rapidement au fouet avant de garnir la galette ou la tarte. Au-delà de 48 heures, mieux vaut la congeler pour préserver goût et texture.

Comment éviter que la frangipane ne coule pendant la cuisson de la galette des rois ?

Plusieurs points sont à respecter : utiliser une crème pâtissière bien froide, crémer correctement le beurre pour obtenir une bonne émulsion, ajouter un peu de Maïzena et de poudre d’amande pour absorber l’humidité et laisser reposer la crème au frais 30 minutes avant de garnir. Il faut aussi veiller à ne pas mettre la garniture trop près des bords et bien souder les disques de pâte feuilletée.

Peut-on remplacer l’amande par d’autres fruits secs dans la frangipane ?

Oui, mais dans ce cas on sort légèrement de la frangipane traditionnelle. On peut substituer tout ou partie de la poudre d’amande par de la poudre de noisette, de pistache ou un mélange des deux. La structure de la crème reste la même, seule la signature aromatique change. Cette approche fonctionne très bien pour des tartes aux fruits ou des galettes plus créatives.

La crème pâtissière est-elle obligatoire pour une vraie frangipane ?

Dans la définition classique, oui. La frangipane se compose d’une crème d’amande enrichie de crème pâtissière, en général autour de deux tiers pour un tiers. Une garniture uniquement à base d’amande, de sucre, de beurre et d’œufs reste une crème d’amande, qui peut être excellente, mais ne correspond plus à la frangipane au sens traditionnel du terme.

Comment doser le rhum ou les autres arômes dans la crème frangipane ?

Le rhum s’ajoute avec parcimonie, autour d’une demi à une cuillère à soupe pour la quantité de crème détaillée dans l’article. L’idée est de soutenir le goût d’amande, pas de le couvrir. Pour les autres arômes (fleur d’oranger, tonka, zeste d’agrumes), mieux vaut commencer léger, goûter la crème et ajuster ensuite. Une frangipane réussie doit d’abord sentir l’amande, puis laisser les autres parfums arriver en second plan.

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