Goudale : histoire et avis sur cette bière du Nord

Goudale fait partie de ces bières dont on croit tout savoir parce qu’on les croise partout en rayon. Puis, un soir, on prend le temps de la servir dans le bon verre, à la bonne température, et la fameuse bière du Nord raconte une toute autre histoire. Derrière l’étiquette dorée, il y a un siècle ... Lire plus
Lucas Bertin
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Goudale fait partie de ces bières dont on croit tout savoir parce qu’on les croise partout en rayon. Puis, un soir, on prend le temps de la servir dans le bon verre, à la bonne température, et la fameuse bière du Nord raconte une toute autre histoire. Derrière l’étiquette dorée, il y a un siècle de rebondissements industriels, un héritage médiéval, une brasserie du Nord passée du statut d’acteur local à celui de poids lourd indépendant, et une palette de saveurs bien plus nuancée que ce que laisse penser son prix en grande surface.

Ce texte s’attarde justement sur ce décalage entre l’image parfois « grande distrib » de la Goudale et son ancrage dans la tradition brassicole des Hauts-de-France. Entre Douai et Arques, entre la Grande Brasserie des Enfants de Gayant et la Brasserie Goudale actuelle, le fil est dense : bières de garde, recettes inspirées du Moyen Âge, montée en puissance des bières spéciales, puis explosion des variantes. Au passage, le gout bière Goudale est décortiqué comme on le ferait avec une bière artisanale française de petite production, avec ses saveurs maltées, ses houblons des Flandres et sa fermentation haute qui laisse une vraie empreinte aromatique.

En bref

  • Histoire de la Goudale : une lignée qui démarre en 1919 à Douai avec les Enfants de Gayant et se poursuit aujourd’hui à Arques sous le nom de Brasserie Goudale.
  • Style et profil : bière de garde blonde à 7,2 %, fermentation haute, robe dorée, arômes fruités et épicés portés par des malts spéciaux et des houblons des Flandres.
  • Gamme très large : Goudale Blonde, Ambrée, IPA, Rubis, Bio, Sans alcool, bières de saison… un véritable catalogue pour explorer les déclinaisons d’une bière du Nord.
  • Position sur le marché : une bière artisanale française à l’origine, aujourd’hui produite à grande échelle, mais qui garde un rapport qualité-prix solide et une identité régionale forte.
  • Avis bière Goudale : intéressante pour s’initier aux bières de garde et aux saveurs maltées du Nord, moins pour ceux qui ne jurent que par les microbrasseries ultra-confidentielles.

Histoire de la Goudale et de sa brasserie du Nord : de Douai à Arques

L’historique de la Goudale commence réellement en 1919, au lendemain de la Première Guerre mondiale, quand quatre brasseries de Douai décident de s’unir et fondent la Grande Brasserie des Enfants de Gayant. À l’époque, on parle surtout de distribution dans un rayon de quelques kilomètres autour de la ville. Les camions sont rares, les bars travaillent presque uniquement en local, et la bière n’a pas encore ce côté « marque nationale » que l’on connaît aujourd’hui.

Dès le départ, cette brasserie du Nord mise sur les styles traditionnels de la région : des bières de table, des bières plus soutenues pour les grandes occasions, puis progressivement des bières dites de spécialité. La future Goudale n’est pas encore là, mais le décor est planté. Le choix des malts, des levures et du houblon des Flandres inscrit déjà la production dans une vraie tradition brassicole des Hauts-de-France.

Le premier tournant arrive en 1955, quand Jean-Pierre d’Aubreby reprend l’entreprise. Là, on quitte le simple héritage familial pour entrer dans une logique de croissance structurée. Quelques chiffres racontent l’histoire mieux qu’un long discours : 26 000 hectolitres brassés, 39 employés, puis 87 dix ans plus tard. La distribution s’étend, le parc de camions s’agrandit, la brasserie devient un acteur respecté sur le marché régional, bien avant la mode actuelle des bières artisanales françaises.

Au début des années 1980, nouvelle étape. Constatant l’appétit naissant pour les bières plus typées, la maison se tourne vers les bières de spécialité. La fameuse Bière du Démon, très forte en alcool, marque les esprits et contribue à faire connaître le savoir-faire maison bien au-delà de Douai. Ce virage prépare en douce le terrain pour la Goudale Blonde, qui apparaîtra plus tard comme une bière de garde plus accessible, mais avec une vraie personnalité.

La date de 1994 mérite d’être retenue : c’est l’année où la Goudale Blonde est brassée pour la première fois. La brasserie s’appuie alors sur une légende médiévale. Les « bonnes bières » d’antan étaient parfois surnommées « good ale » ou « goudale ». En piochant ce nom, les brasseurs relient explicitement leur produit à une filiation plus ancienne, presque monastique dans l’imaginaire collectif. Sur l’étiquette, cette référence historique est assumée et servira d’axe de communication pendant des années.

Les années 2000 accélèrent tout. En 2000, la Brasserie Jeanne d’Arc, voisine, est intégrée au groupe et deviendra plus tard la Brasserie Grain d’Orge. L’ensemble se consolide, puis un nouvel acteur arrive en 2010 : André Pecqueur, déjà propriétaire de la brasserie d’Omer, prend le contrôle. Sous son impulsion, la production est relocalisée à Arques, dans le Pas-de-Calais, avec un site flambant neuf inauguré en 2016.

Ce déménagement d’Arques change d’échelle : on passe d’une production régionale de quelques dizaines de milliers d’hectolitres à un outil capable de dépasser le million, avec des investissements massifs, estimés à plusieurs dizaines de millions d’euros, pour moderniser la chaîne. La Goudale devient alors clairement la locomotive de la maison, au point que l’ensemble prend officiellement le nom de Brasserie Goudale.

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En 2020, l’entreprise est même classée parmi les brasseries françaises les plus récompensées, grâce à une pluie de médailles sur plusieurs de ses bières. Ce n’est pas qu’un argument marketing : ces distinctions montrent que, malgré la taille du site, la maîtrise technique reste au rendez-vous. L’histoire de la Goudale, au fond, c’est celle d’une bière du Nord qui a su grandir sans couper totalement le lien avec son terroir et son passé médiéval revendiqué.

Retenir cette trajectoire permet déjà de mieux comprendre l’ambition derrière la recette actuelle et, surtout, la manière dont la marque se positionne face aux microbrasseries apparues depuis dix ans.

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Profil gustatif de la Goudale Blonde : une bière de garde nordiste passée au crible

Parler de l’histoire de la Goudale sans détailler ce qu’elle donne vraiment dans le verre n’aurait pas beaucoup de sens. La cuvée emblématique reste la Goudale Blonde, une bière de garde à 7,2 % d’alcool, fermentation haute, robe dorée soutenue et mousse blanche crémeuse. Servie entre 8 et 10 °C dans un verre tulipe, elle se présente d’abord comme une bière du Nord généreuse, sans se vautrer dans la lourdeur.

Visuellement, la couleur tire vers un or profond, quasiment miel clair, signe d’un assemblage de malts pâles et légèrement caramélisés. Rien à voir avec une pils très pâle : ici, les saveurs maltées sont clairement au centre du jeu. La mousse tient correctement, sans être monumentale, mais laisse un joli lacing sur le verre quand on prend le temps de savourer.

Au nez, les premières impressions mélangent céréale dorée, épices douces et touche fruitée. On devine la présence de coriandre et d’écorce d’orange amère, souvent citées dans la recette, qui apportent ce côté légèrement épicé évoquant certaines bières d’abbaye. Les houblons des Flandres ajoutent des notes florales et herbacées plutôt sages. On n’est pas dans une IPA moderne saturée d’agrumes, plus dans un bouquet classique mais propre.

En bouche, le gout bière Goudale est assez net : attaque douce, presque sucrée, puis montée progressive de l’alcool et de l’amertume. Le corps est médium à dense, avec une sensation légèrement sirupeuse si la bière est servie trop chaude. Bien fraîche, elle combine une texture ronde et une finale sèche qui incite à reprendre une gorgée, ce qui peut surprendre pour une bière titrant 7,2 %.

Les arômes rappellent le pain grillé, le biscuit, un soupçon de caramel clair et des fruits jaunes (abricot, pêche) selon la température de service. Les épices restent en arrière-plan mais prolongent l’impression de complexité. L’amertume, modérée, vient surtout équilibrer la richesse du malt. Pour ceux qui aiment chiffrer, on se situe globalement dans une fourchette moyenne en IBU, sans agressivité, mais suffisamment présente pour éviter l’effet « bière sucrée de dessert ».

Pour clarifier les principaux traits, un tableau résume les caractéristiques de base de la Goudale Blonde.

Paramètre Détail pour la Goudale Blonde
Type Bière de garde, fermentation haute
Origine Brasserie Goudale, Arques (Hauts-de-France)
Couleur Blonde dorée (EBC moyen, robe soutenue)
Degré d’alcool 7,2 % vol.
Arômes dominants Malt biscuit, notes fruitées, épices, levure
Amertume perçue Modérée, houblons des Flandres
Formats courants 33 cl, 75 cl, 50 cl en canette, packs de 25 cl

Côté équilibre, la bière joue la carte du compromis. Pour un amateur déjà rompu aux doubles IPA, la Goudale semblera douce et très orientée malt. Pour quelqu’un qui vient d’une lager industrielle classique, la même bouteille apparaîtra fort alcoolisée, riche, presque déroutante. Mon avis perso, à prendre ou à laisser : c’est une bonne porte d’entrée vers les bières de garde et les bières d’abbaye, sans imposer la sucrosité parfois écœurante de certaines triples belges.

Ce positionnement intermédiaire explique aussi son succès dans les rayons. La Goudale coche plusieurs cases à la fois : identité de bière du Nord, prix raisonnable, caractère suffisant pour sortir du moule, mais pas au point de faire fuir un public habitué aux blondes classiques. Sur le papier, ça passe. En bouche, c’est autre chose : certains lui reprocheront un côté un peu linéaire, d’autres apprécieront justement cette constance gorgée après gorgée.

Pour juger vraiment, l’idéal reste de comparer. Servez une Goudale Blonde à côté d’une autre bière de garde artisanale locale, par exemple une Ch’ti blonde ou une cuvée de petite brasserie régionale. Vous verrez rapidement ce que la Goudale gagne en régularité et en accessibilité, et ce qu’elle perd parfois en caractère brut.

La gamme Goudale passée au scanner : variantes, saisons et bières cousines

Limiter Goudale à sa seule blonde historique serait passer à côté d’une gamme devenue très vaste. La Brasserie Goudale s’est construit un catalogue où la marque chapeau « Goudale » cohabite avec d’autres étiquettes historiques comme Belzébuth, Saint Landelin ou Bière du Démon. Pour un amateur curieux, c’est presque un mini terrain de jeu pour explorer les saveurs d’une bière artisanale française à grande échelle.

Parmi les bières directement estampillées Goudale, plusieurs profils se détachent. En voici quelques-unes à connaître, en version courte mais utile.

  • Goudale Ambrée : robe acajou lumineuse, toujours autour de 7,2 %, accent mis sur les malts grillés. On y trouve des notes de noisette, café léger, chocolat, caramel. L’amertume demeure raisonnable, la finale assez fruitée. Bière de dégustation plus que de soif.
  • Goudale IPA : ici, la brasserie s’aventure sur le terrain des houblons américains (Yakima, souvent mal orthographié « Yekima »). Profil plus sec, amertume plus franche, arômes d’agrumes et de fruits exotiques. Le degré d’alcool reste élevé, autour de 7,2 %.
  • Goudale de Printemps : bière saisonnière, plus légère en ressenti, avec des notes florales et citronnées. L’orge sélectionnée au printemps et récoltée en été sert d’argument narratif, mais en pratique on retient surtout le côté rafraîchissant, avec environ 6,8 % d’alcool.
  • Goudale de Noël : recette hivernale, plus ronde, malt torréfié, épices, houblons des Flandres. Au nez, ça évoque fruits secs, caramel, parfois une touche de cannelle selon les millésimes. À tester un soir d’hiver, sans hésiter.
  • Goudale Rubis : bière aromatisée aux fruits rouges, 5 % environ. Baies rouges et hibiscus donnent une robe soutenue et un profil plus doux, clairement pensé pour un public qui cherche moins l’amertume que la gourmandise.
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À côté de ces déclinaisons, la brasserie a aussi développé une Goudale Sans alcool, bâtie sur la recette mère, mais désalcoolisée. Pour une consommation modérée ou une soirée où on conduit, c’est plutôt malin. Le défi reste toujours le même : conserver un minimum de corps et d’arômes, là où beaucoup de sans alcool tombent à plat. Sur ce point, la version Goudale s’en sort honnêtement, même si un palais habitué aux bières d’abbaye y verra vite les limites de l’exercice.

La Goudale Bio, de son côté, cible un autre segment. Matières premières issues de l’agriculture biologique, densité affirmée, longueur en bouche bien marquée. Elle garde le degré de 7,2 % et se place comme alternative plus « verte » pour ceux qui font attention à l’origine des ingrédients. Pas la peine de vider votre PEL pour ça, les tarifs restent proches de la Goudale classique.

Il faut aussi mentionner la Goudale Hop Lager, bière blonde à fermentation basse, plus légère en alcool (autour de 5,2 %), robe cristalline et houblonnage plus expressif que la moyenne des lagers industrielles. Florale, légèrement fruitée, elle joue les intermédiaires entre une pils améliorée et une pale ale très douce. C’est exactement le genre de bière que beaucoup auraient ignorée il y a quelques années, avant la vague craft qui a réhabilité les lagers bien travaillées.

Autour de la marque Goudale gravitent enfin des bières comme Belzébuth, Bière du Démon, Saint Landelin, Graine d’Orge ou Septante 5. Elles ne portent pas toutes la signature « Goudale » en gros sur l’étiquette, mais appartiennent à la même galaxie brassicole. Pour un amateur qui veut cartographier le style de la maison, c’est intéressant de les goûter à la suite : on y retrouve une patte commune sur la gestion du malt, un certain goût pour les degrés élevés, et un soin particulier sur la refermentation en bouteille pour certaines références.

Mon avis perso, à prendre ou à laisser : la force de cette gamme, c’est de proposer un spectre assez large pour initier un public néophyte au-delà de la simple bière blonde. La limite, c’est que les amateurs de petites microbrasseries ultra-pointues trouveront parfois les profils un peu sages. Mais pour un public large qui commence à explorer ce qu’est une bière du Nord digne de ce nom, l’ensemble Goudale reste une bonne porte d’entrée.

Comment déguster Goudale et avec quels accords mets-bières du quotidien

Une Goudale mal servie peut donner l’impression d’une bière lourde et alcooleuse. Bien préparée, elle révèle au contraire des nuances assez fines. D’ailleurs, qui n’a jamais bu une blonde forte directement sortie du frigo, en goulée rapide, avant de conclure qu’elle manquait de finesse ? Pour cette bière du Nord, quelques réglages changent franchement la donne.

Première variable, la température de service. Sur la Goudale Blonde, viser 8 à 10 °C permet de garder de la fraîcheur tout en laissant s’exprimer les arômes. En dessous de 6 °C, le nez se ferme, les épices disparaissent et il ne reste que le côté malté-alcoolisé. Au-delà de 12 °C, l’alcool ressort trop et la bière devient pesante. Le conseil vaut aussi pour les autres déclinaisons fortes de la gamme.

Deuxième point, le verre. Un verre tulipe ou calice, légèrement resserré en haut, concentre les arômes et maintient la mousse. Les verres Goudale officiels remplissent ce rôle, mais n’importe quel bon verre à bière belge fera l’affaire. Éviter le gobelet droit et fin, qui ne met pas du tout ce style de bière en valeur.

Pour les accords, il suffit de partir de la structure de la bière : saveurs maltées prononcées, épices douces, alcool présent, amertume modérée. En gros, elle se comporte un peu comme une bière d’abbaye blonde, avec un petit accent nordiste. Voilà quelques idées très concrètes pour la table.

Avec des plats salés, la Goudale se marie bien avec :

  • Les fromages à pâte pressée cuite type comté jeune ou abondance, où le malt répond au côté lacté.
  • Les plats du Nord comme la carbonade flamande ou une flamiche au maroilles, où le sucre résiduel et l’alcool soutiennent la richesse du plat.
  • Les volailles rôties et grillades de porc, surtout si une marinade à la moutarde ou au miel est de la partie.

Côté sucré, elle surprend agréablement avec des desserts à base de pomme ou de poire (tarte, crumble) et certaines pâtisseries épicées type pain d’épices. L’idée n’est pas de saturer en sucre, mais de jouer sur l’écho entre les notes caramélisées du malt et celles du dessert.

Pour ceux qui aiment cuisiner à la bière, la Goudale fonctionne bien pour déglacer une viande, enrichir une sauce à l’échalote, ou parfumer une pâte à crêpe ou à gaufre pour un brunch dominical. Sa teneur en alcool et son profil aromatique tiennent la cuisson sans disparaître entièrement, ce qui n’est pas le cas de toutes les blondes fortes.

Un mot sur la dégustation comparative. Si vous voulez vraiment comprendre ce que la Goudale apporte, faites l’exercice suivant à trois verres :

Servez :

  1. Une lager industrielle classique.
  2. Une Goudale Blonde.
  3. Une bière d’abbaye belge réputée (Affligem, par exemple).

Dégustez dans cet ordre. Vous sentirez net le saut de complexité entre la première et la deuxième, puis le cousinage entre Goudale et la belge, avec des différences sur la levure, la sucrosité et l’amertume. Mon palais me dit que cet exercice vaut mieux que n’importe quelle fiche technique pour comprendre où se place la Goudale dans le paysage.

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Pour la version IPA et la Hop Lager, les accords changent. Avec l’IPA, viser des plats plus gras ou plus aromatiques (burgers, fromages bleus, cuisine asiatique légèrement pimentée) permet de profiter de l’amertume renforcée. La Hop Lager, elle, s’entend bien avec des plats plus simples : salades composées, poissons grillés, tapas.

Si vous n’en retenez qu’une chose sur ce chapitre : traitez la Goudale comme une bière de dégustation, pas comme une simple blonde à descendre bien fraîche. Le bénéfice sensoriel est immédiat.

Avis bière Goudale et place dans le paysage brassicole français actuel

Arrive la question qui fâche parfois : avis bière Goudale, on en pense quoi, vraiment, en 2026, alors que les étagères croulent sous les étiquettes de microbrasseries ? La réponse dépend beaucoup de ce que l’on cherche. Pour un fan de petites productions ultra-locales, le simple fait de voir la Goudale partout en supermarché peut susciter de la méfiance. Pour un consommateur qui sort tout juste des bières industrielles standard, c’est souvent une révélation accessible.

Premier point à reconnaître sans détour : du côté du rapport qualité-prix, Goudale joue dans une zone très confortable. Quand une bouteille de 33 cl se trouve autour de 1,20 à 1,30 € et la 75 cl un peu au-dessus de 2 €, on reste sur des tarifs proches d’une grande marque, avec un contenu nettement plus typé. Pour un apéritif improvisé ou un repas entre amis, ce n’est pas un mauvais calcul.

Deuxième élément, la régularité. Là où certaines microbrasseries jouent encore à la loterie d’un brassin à l’autre, la Brasserie Goudale assure une stabilité appréciable. Même recette, même profil sensoriel, peu de mauvaises surprises. Certains trouveront ça trop lisse. D’autres y verront une base fiable pour construire leurs repères gustatifs.

Troisième point, la tradition brassicole mise en avant. Derrière le marketing, il y a bien une continuité historique depuis Douai et les Enfants de Gayant. Ce n’est pas une marque sortie d’un chapeau pour surfer sur la vague craft. Est-ce que cela en fait une bière artisanale française au sens actuel du terme, avec microbrasserie de quartier et volumes confidentiels ? Non. Est-ce que cela retire tout intérêt à la bière ? Clairement pas.

Côté critiques, certaines sont légitimes. On peut reprocher à la Goudale Blonde un léger manque de relief sur la durée, un côté un peu sucré en fin de bouteille si elle s’est réchauffée, et un profil de levure assez discret par rapport à des bières d’abbaye belges de référence. Sur les variantes aromatisées comme la Rubis, le sucre et les arômes de fruits rouges peuvent sembler envahissants pour un palais habitué aux bières sèches.

À l’inverse, les points forts sautent vite aux yeux (et au nez). Accessibilité, disponibilité, prix contenu, vraie identité régionale, large gamme pour explorer différents styles sans changer de brasserie. Pour quelqu’un qui veut commencer à sortir des sentiers battus sans plonger directement dans des IPA à 40 IBU bourrées de dry hopping, c’est un allié plutôt malin.

En replaçant Goudale dans le paysage brassicole français de ces dernières années, on voit aussi un effet intéressant : cette marque a servi de marchepied à beaucoup d’amateurs vers des bières plus pointues. Autrement dit, une Goudale bien dégustée un soir peut donner envie, quelques mois plus tard, de pousser la porte d’une petite brasserie du coin. De ce point de vue, son rôle est loin d’être négligeable.

Le truc que personne ne vous dit souvent sur cette bière du Nord, c’est qu’elle est victime de son succès. Parce qu’on la voit partout, on la catalogue rapidement comme « bière de supermarché ». Pourtant, replacée dans sa catégorie, celle de la bière de garde blonde accessible, elle tient très correctement son rang. Pas la plus explosive, pas la plus radicale, mais une valeur sûre pour qui accepte de l’aborder avec un minimum de curiosité.

Au fait, si l’envie vous prend d’aller plus loin après Goudale, un détour par d’autres spécialités du Nord comme Ch’ti ou quelques brunes typées peut compléter le tableau. Cela permet de mesurer comment une maison comme Goudale navigue entre son héritage et les contraintes d’une production à grande échelle.

La Goudale est-elle une bière artisanale au sens strict ?

Historiquement, la Goudale vient d’une brasserie familiale de Douai et s’inscrit dans la tradition brassicole du Nord. Aujourd’hui, la Brasserie Goudale produit à grande échelle sur un site moderne à Arques. Elle n’entre donc plus dans la catégorie des microbrasseries artisanales au sens strict, mais elle garde une recette soignée, des ingrédients sélectionnés et un ancrage régional fort.

Quel est le meilleur moment pour boire une Goudale Blonde ?

La Goudale Blonde se prête bien à l’apéritif, mais aussi à table avec des plats de caractère comme une carbonade flamande, un fromage du Nord ou une volaille rôtie. Servie entre 8 et 10 °C dans un verre adapté, elle révèle ses arômes maltés, fruités et épicés sans que l’alcool ne prenne le dessus.

Comment se compare la Goudale à une bière d’abbaye belge ?

La Goudale partage avec certaines bières d’abbaye un degré d’alcool élevé, une robe dorée et un profil malté rond. En revanche, elle est souvent un peu moins sucrée que certaines triples belges et sa levure reste plus discrète. L’amertume est modérée et les épices sont présentes sans dominer. C’est une alternative intéressante pour ceux qui trouvent certaines bières belges trop riches.

La Goudale Sans alcool vaut-elle le détour ?

La version Sans alcool reprend la base aromatique de la Goudale Blonde en cherchant à conserver les saveurs de malt et les notes épicées. Elle n’a pas la profondeur de la version à 7,2 %, mais reste au-dessus de la moyenne des blondes sans alcool industrielles. Pour un conducteur désigné ou une soirée plus légère, c’est une option correcte.

Quel budget prévoir pour découvrir la gamme Goudale ?

En grande distribution, une Goudale Blonde en 33 cl tourne autour de 1,20-1,30 €, la 75 cl dépasse légèrement les 2 €. Les canettes de 50 cl se situent autour de 1,50 €, et les packs de 6 petites bouteilles permettent de réduire le coût à l’unité. Les variantes saisonnières ou spéciales restent dans une fourchette proche, ce qui en fait une gamme abordable pour organiser une dégustation à la maison.

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