Mort Subite : tout savoir sur cette bière belge culte

Mort Subite, c’est le genre de nom qui intrigue avant même de tremper les lèvres dans le verre. Derrière cette appellation un peu théâtrale se cache une des bières les plus emblématiques de la tradition belge, ancrée dans la vallée de la Senne, berceau des lambics. Entre fûts de chêne patinés, levures sauvages qui flottent ... Lire plus
Lucas Bertin
découvrez l'histoire, les caractéristiques et les secrets de mort subite, la bière belge culte reconnue pour son goût unique et son héritage traditionnel.

Mort Subite, c’est le genre de nom qui intrigue avant même de tremper les lèvres dans le verre. Derrière cette appellation un peu théâtrale se cache une des bières les plus emblématiques de la tradition belge, ancrée dans la vallée de la Senne, berceau des lambics. Entre fûts de chêne patinés, levures sauvages qui flottent dans l’air et recettes fruitées qui n’ont rien à voir avec les sodas alcoolisés, la brasserie Mort Subite a construit un univers à part dans la culture brassicole européenne. Un univers où la fermentation spontanée n’est pas un slogan marketing, mais un vrai choix de style.

Cette bière belge culte doit sa réputation à un équilibre assez rare entre accessibilité et caractère. Les versions fruitées comme la Lambic Kriek servent souvent de porte d’entrée à ceux qui pensent ne pas aimer la bière, tandis que les amateurs aguerris y retournent pour ce mélange d’acidité, de notes boisées et de fruits mûrs. Au milieu, une galaxie de variantes, de la gamme Juicy très moderne aux lambics plus classiques, prolonge le plaisir. L’histoire commence dans un café bruxellois où une partie de dés pouvait se terminer en « mort subite » et se poursuit aujourd’hui dans les rayons de supermarchés, les caves à bières spécialisées et les bars à la pression qui misent encore sur le goût plutôt que sur le volume.

En bref

  • Mort Subite est une marque de lambic emblématique, brassée près de Bruxelles à partir de fermentation spontanée grâce aux levures sauvages de la vallée de la Senne.
  • La Lambic Kriek associe lambics jeunes et vieillis en fût de chêne avec du jus de cerise belge pour une bière rouge, acidulée et fruitée, très appréciée en gustation de découverte.
  • La brasserie propose aujourd’hui une large famille de bières, des versions très fruitées aux profils plus secs et acides, en passant par la nouvelle gamme Juicy née en 2024.
  • Les bières Mort Subite s’inscrivent au cœur de la tradition belge, tout en parlant aux amateurs de bières modernes habitués aux IPA et à la bière blanche.
  • Bien choisies et bien servies, elles offrent un terrain de jeu idéal pour explorer accords mets-bières, différence entre lambics et autres styles, et nuances d’arômes de houblon, de malt et de fruits.

Mort Subite, une bière belge culte au cœur de la tradition du lambic

Parler de Mort Subite, c’est avant tout parler de terroir. La brasserie est installée à Kobbegem, dans la vallée de la Senne, cette zone au nord-ouest de Bruxelles où le lambic est chez lui. L’air y transporte une flore de levures et de bactéries sauvages très spécifique, qui vient ensemencer le moût de bière lorsque celui-ci refroidit dans de larges cuves ouvertes. Cette étape, qui ferait frémir un brasseur de lager industrielle, est ici le cœur du style : pas d’ensemencement avec une levure standard, mais une vraie rencontre avec l’environnement.

Le lambic reste encore aujourd’hui un des styles les plus singuliers de la culture brassicole européenne. On est loin d’une bière blanche rafraîchissante ou d’une IPA saturée de houblon. Le profil fait plutôt penser à un vin blanc sec et acide, avec des notes de pomme verte, de citron, parfois de foin et de cuir léger selon l’âge et le type de fût. Chez Mort Subite, certains lambics passent plusieurs années en fût de chêne, ce qui arrondit l’acidité et apporte ce côté vanillé et boisé qui tient plus du tonneau que de la bouteille de grande distribution.

Un point fait clairement la différence avec d’autres marques : le rôle du maître brasseur, Bruno Reinders, qui cumule plus de 30 ans à la tête des cuves. Dans ce type de bière, chaque millésime a son humeur, car les levures sauvages ne réagissent jamais exactement de la même façon. L’assemblage consiste à marier des lambics jeunes, plus vifs, avec des lambics plus âgés, plus complexes. Un lot trop agressif en acidité peut être adouci en ajoutant un lambic plus rond. Un fût au caractère boisé marqué se retrouvera en proportion plus faible dans l’assemblage final pour ne pas écraser le fruit. C’est là que le savoir-faire se voit, ou plutôt se goûte.

L’expression « fermentation spontanée » mérite d’être clarifiée. Contrairement aux bières de fermentation haute ou basse, où l’on inocule une souche de levure sélectionnée, ici le brasseur mise sur les micro-organismes naturellement présents dans l’air et sur les parois de la brasserie. Le moût chaud est refroidi dans un grand bac peu profond, exposé à l’air nocturne. Les levures se déposent, commencent leur travail, puis la bière part en fût pour des mois, voire des années. D’un point de vue microbiologique, c’est un petit monde qui se met en place, avec différentes espèces qui prennent le relais au fil du temps. Résultat : une bière sèche, peu sucrée résiduelle, où l’acidité domine plus que l’amertume du houblon.

Dans ce contexte, Mort Subite se situe à un carrefour intéressant entre respect de la tradition belge et adaptation aux goûts actuels. Une partie de la production reste très fidèle aux lambics classiques, quand d’autres cuvées misent sur des profils plus fruités et immédiats. Certains puristes lèvent parfois un sourcil devant ces versions plus accessibles, mais c’est précisément grâce à elles que de nombreux amateurs découvrent ce style historiquement pointu. Refuser cette porte d’entrée reviendrait à garder le lambic verrouillé dans un cercle d’initiés.

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Pour replacer Mort Subite sur la carte des bières belges, un détour par les classements et guides spécialisés peut être utile. Des sélections comme celles proposées sur les meilleures bières belges à découvrir montrent bien que les lambics ont trouvé leur place aux côtés des trappistes, des saisons et des blondes fortes. Mort Subite n’est pas la seule brasserie du genre, mais fait partie des noms qui reviennent quand on parle de références accessibles en grande distribution tout en gardant un vrai ancrage stylistique.

Au bout du compte, Mort Subite rappelle une chose simple : la Belgique ne se résume pas aux triples blondes et aux bières d’abbaye génériques. Le lambic incarne une autre facette, plus acide, plus sèche, parfois déroutante, mais incroyablement expressive quand on prend le temps de la comprendre.

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Mort Subite Lambic Kriek et autres variantes : une palette de saveurs

Parmi toutes les bières Mort Subite, la Lambic Kriek reste la plus connue. Cette bière rouge, servie idéalement autour de 4,5 °C, combine un assemblage de lambics jeunes et vieillis avec du jus de cerise belge, souvent de la griotte, plus acide et plus parfumée que les variétés de table. Visuellement, la robe tire sur le rubis, la mousse monte rosée, assez fine, et la première gorgée surprend souvent par sa douceur fruitée avant que l’acidité ne se rappelle au bon souvenir du palais.

En bouche, la Lambic Kriek Mort Subite joue sur la tension entre sucre résiduel et acidité. Le jus de cerise apporte un côté confiture, presque bonbon rouge, mais la base de lambic sec empêche tout effet « sirop ». Le résultat reste digeste, avec une finale qui nettoie le palais plutôt qu’elle ne le colle. En dégustation comparative, cette Kriek paraît souvent moins agressive que certains lambics très secs, ce qui en fait une bonne initiation. Ceux qui n’aiment pas l’amertume marquée d’une IPA y trouvent un terrain de jeu plus confortable.

La brasserie ne s’arrête évidemment pas à cette seule référence. Mort Subite propose toute une famille de bières lambic fruitées, ainsi que des versions plus proches du lambic traditionnel. Pour avoir une vue d’ensemble, un simple coup d’œil aux caractéristiques peut aider :

Nom de la bière Type Profil de goût Degré alcool Moment idéal
Mort Subite Lambic Kriek Lambic fruité (cerise) Rouge rubis, douce, acidulée, cerise griotte Environ 4,5 % Apéritif, dessert aux fruits rouges
Mort Subite lambic « nature » (selon cuvée) Lambic non ou peu fruité Sec, acidité marquée, notes boisées 5 % à 6 % Dégustation, accords salés, fromages
Gamme Juicy Bloody Berry Lambic aux baies noires Violette, douce, fruits noirs, épices légères 7,2 % Soirée entre amis, bière de partage
Gamme Juicy Crime of Passion Lambic au fruit de la passion Exotique, fruité intense, touche épicée 7,2 % Afterwork, dégustation curieuse

La naissance en 2024 de la gamme Juicy illustre bien le virage pris par Mort Subite pour parler à une nouvelle génération de buveurs. Crime of Passion, avec ses 7,2 % d’alcool, associe la base acidulée du lambic à un torrent d’arômes de fruit de la passion et d’épices tropicales. On se rapproche presque d’un cocktail, mais avec une structure de bière en toile de fond. Bloody Berry, de son côté, marie baies noires et épices, pour une robe violette qui attire l’œil avant même que le nez ne perçoive le cassis et la mûre.

Certains crieront au sacrilège en voyant ces bières très colorées, mais le débat mérite un peu plus de nuance. La tradition vivante, ce n’est pas la conservation sous cloche : c’est la capacité à s’adapter sans perdre son identité. Tant que la base de lambic reste là, avec sa fermentation spontanée et sa signature sèche, on reste dans le champ d’expérience du style. Le risque réel se situe plutôt dans la tentation du sucre facile qui masquerait toute acidité. Pour l’instant, Mort Subite marche sur une ligne de crête, avec des profils pensés pour être « ultra faciles à boire », mais qui gardent un fond de complexité.

Pour ceux qui préfèrent des choses plus sobres, les cuvées moins fruitées et les assemblages plus classiques existent toujours. L’erreur fréquente consiste à croire que Mort Subite se limite aux bières rouges sucrées que l’on croise en terrasse l’été. En réalité, la gamme couvre un spectre assez large, du très fruité au franchement sec. Un plateau de dégustation en bar permet souvent de s’en rendre compte en trois verres plutôt qu’en trois discours.

En comparant avec une bière blanche belge classique, le contraste est frappant. La blanche mise sur le blé, le côté trouble, les épices comme la coriandre et l’écorce d’orange. Mort Subite, elle, parle bois, acide et fruits macérés. Les deux styles ne se remplacent pas, ils se complètent dans un frigo varié. Ceux qui aiment jongler entre les univers peuvent d’ailleurs explorer d’autres styles belges via des dossiers plus larges, comme sur cette sélection dédiée aux bières belges.

Moralité : réduire Mort Subite à « la Kriek rouge » serait passer à côté d’un terrain de jeu gustatif bien plus vaste qu’il n’y paraît au premier regard.

Fabrication, fermentation spontanée et rôle de la brasserie Mort Subite

Pour comprendre ce qui différencie Mort Subite d’une blonde standard, il faut se pencher un peu sur la technique. La recette de base démarre comme beaucoup d’autres : eau, malt et un peu de houblon, parfois vieilli pour réduire l’amertume et conserver surtout l’effet conservateur. Le moût est porté à ébullition, puis au lieu d’être envoyé directement en cuve fermée avec de la levure ajoutée, il est étalé dans un « coolship », un bac de refroidissement large et peu profond.

C’est ici que le paysage entre en scène. Dans la vallée de la Senne, l’air charrie des levures et des bactéries qui se sont adaptées au fil des siècles aux conditions locales. Quand le moût refroidit, ces micro-organismes se déposent naturellement à sa surface et démarrent une fermentation spontanée. Pas de sachet de levure neutre, pas de contrôle strict comme dans une lager, mais une chaîne de fermentations successives, où différentes espèces prennent la main au fil des mois.

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Une fois ce premier travail commencé, le futur lambic part en fûts de chêne. Ces barriques, parfois plus vieilles que certains brasseurs, abritent elles aussi une microflore bien installée. Au contact du bois, la bière se charge de tanins, de notes vanillées, de touches oxydatives qui rappellent certains vins. Selon la durée de garde, on parlera de lambic jeune, d’un an environ, ou de lambic plus âgé, pouvant monter jusqu’à trois ans ou davantage. L’assemblage final utilisera plusieurs âges pour équilibrer l’ensemble.

Chez Mort Subite, ce travail d’assemblage donne le ton. On pourrait le comparer au rôle d’un maître de chai en cognac. L’objectif n’est pas de produire une bière identique année après année grâce à une recette figée, mais de retrouver un style reconnaissable malgré les variations naturelles des lots. C’est ici que l’expérience du maître brasseur pèse lourd. Une barrique un peu trop volatile sera dosée avec prudence. Un fût au profil discret viendra tempérer un lot très expressif. L’équilibre final ne sort pas d’une feuille Excel, mais du palais.

La brasserie Mort Subite doit aussi composer avec des contraintes modernes : hygiène, normes, volumes de production plus importants. Préserver un processus artisanal dans un cadre industriel est un exercice délicat. Trop de standardisation et le lambic perd de sa personnalité. Trop de laxisme et les défauts microbiologiques prennent le dessus. La réussite tient dans ce compromis assumé, même si certains amateurs de gueuzes ultra traditionnelles jugent parfois le résultat plus doux que ce qu’ils aiment.

Un point souvent mal compris concerne l’utilisation du houblon. Dans le lambic, on cherche peu l’amertume, contrairement à une IPA où l’on parle d’IBU à longueur de fiche de dégustation. Ici, le houblon, souvent vieilli, sert plutôt de conservateur naturel et de structure de fond. Il se fait discret au nez comme en bouche. Pour ceux qui viennent justement des IPA et des bières très houblonnées, cette retenue peut surprendre. Mais c’est aussi ce qui laisse la place aux esters fruités et aux notes acides de s’exprimer clairement.

La brasserie Mort Subite s’inscrit donc dans une histoire longue, mais ne travaille plus comme au début du XXe siècle. La question importante n’est pas « Est-ce que tout est encore fait exactement comme avant ? », mais « Est-ce que le verre servi en 2026 garde l’âme du lambic ? ». Tant que la réponse penche pour le oui, même avec quelques concessions à la modernité, le pari reste gagné pour ceux qui aiment le style.

Comment déguster Mort Subite : service, accords et comparaison avec d’autres styles

La meilleure façon de juger une bière, c’est de la mettre en situation. La gustation d’une Mort Subite ne se mène pas tout à fait comme celle d’une stout costaude ou d’une pils de soif. Température de service, verre, accord avec les plats : chaque détail joue un rôle dans la perception finale. Servie trop froide, la Kriek paraît plus sucrée, les arômes de cerise se replient et l’acidité se fait plus tranchante. Servie trop chaude, elle devient lourde, presque sirupeuse.

Pour les versions fruitées comme la Lambic Kriek, une plage de 4 à 6 °C fonctionne bien. Le verre type flûte ou calice permet de concentrer les arômes sans brûler les papilles. Une gorgée suffit pour sentir la structure : attaque douce, milieu de bouche fruité, puis finale acidulée qui fait saliver. Ce profil en trois temps la rend intéressante à marier avec la nourriture. Les desserts aux fruits rouges trouvent naturellement un écho, mais ce serait dommage de se limiter à la pâtisserie.

La Mort Subite Kriek se comporte étonnamment bien avec des plats salés. Essayez-la avec un plateau de fromages à pâte dure type vieux gouda ou comté affiné. L’acidité coupe le gras, le fruit dialogue avec les notes lactées, et la finale sèche évite toute lourdeur. Même chose avec une cuisine asiatique légèrement épicée : poulet caramélisé, canard laqué, voire certains currys doux. La bière apporte fraîcheur et relief sans écraser les épices, contrairement à certaines bières très amères.

Pour les lambics plus secs et moins fruités, l’approche change. On se rapproche d’un vin blanc acide, qui aime les fruits de mer, les ceviches, voire les plats végétariens grillés. La faible présence de houblon aromatique laisse les notes de céréale et de bois occuper le terrain. Les amateurs de vins nature y trouvent souvent leurs marques, surtout ceux qui aiment les profils légèrement oxydatifs et la tension acide.

Face à une bière blanche, la comparaison est utile pour éduquer son palais. La blanche joue sur la rondeur du blé et sur des épices comme la coriandre, avec une texture douce et souvent un trouble caractéristique. Mort Subite, de son côté, vise une bouche plus tranchante, une bulle souvent fine, et un registre aromatique plus fermentaire que céréales. Passer de l’une à l’autre lors d’une même soirée permet de comprendre rapidement la diversité de la culture brassicole belge.

Pour ceux qui découvrent, une façon simple d’aborder Mort Subite consiste à organiser une petite session chez soi avec trois verres :

  • Une Mort Subite Lambic Kriek bien fraîche.
  • Une bière blanche belge classique.
  • Une IPA modérément amère.

L’idée n’est pas de désigner une gagnante, mais de sentir à quel point chaque style mobilise des leviers différents : acidité pour Mort Subite, épices et douceur pour la blanche, amertume et aromatique de houblon pour l’IPA. En quelques gorgées, on prend conscience que « bière » est un mot beaucoup trop large pour décrire ces réalités.

Pour aller plus loin, certains bars organisent des soirées thématiques autour des bières belges, dans l’esprit de ce que l’on peut voir pour d’autres événements, comme les fêtes de la bière inspirées de Munich. Des dossiers sur ce type de manifestations, à l’image de ceux disponibles sur les grandes fêtes de la bière, donnent des pistes pour repérer les lieux où la Mort Subite est servie avec soin, à la bonne température et dans le bon verre. Car une bière mal traitée peut faire autant de tort à sa réputation qu’une fiche technique mal écrite.

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L’essentiel à retenir ici : Mort Subite n’est pas une simple curiosité sucrée que l’on boit une fois par an. Bien choisie et bien servie, elle devient un outil pédagogique pour comprendre ce que l’acidité peut apporter à une bière, et un compagnon de table redoutable pour casser la routine des accords mets-vins.

Mort Subite dans la culture brassicole belge et actuelle

Au-delà du verre, Mort Subite fait désormais partie du paysage de la bière belge au même titre que certaines trappistes ou blondes d’abbaye. Son nom reste lié à un café bruxellois où l’on jouait autrefois aux dés, et où la manche « mort subite » pouvait faire perdre la partie en un instant. Cette anecdote n’est pas qu’un gimmick marketing. Elle rappelle que la bière, en Belgique, se vit dans des lieux réels, des cafés, des estaminets, des brasseries où l’on discute, où l’on joue, où l’on refait le monde.

La place de Mort Subite dans la scène actuelle est intéressante. D’un côté, la marque appartient à un grand groupe, ce qui lui donne une présence forte en grande distribution et à l’export. De l’autre, elle continue de travailler un style historiquement exigeant, loin des lagers standardisées. Cette double appartenance explique en partie les débats qu’elle suscite chez les passionnés. Certains regrettent une forme de lissage, d’autres saluent la capacité à faire découvrir le lambic à un public plus large.

Ce qu’on observe sur le terrain, dans les caves à bière et les festivals, c’est que Mort Subite sert souvent de première marche. Celui qui a apprécié une Kriek en terrasse se laissera peut-être tenter par des lambics plus sourcés, ou par d’autres styles pointus. De ce point de vue, l’existence d’une gamme variée, avec des profils plus doux comme Bloody Berry et d’autres plus secs, joue plutôt en faveur de la diversité brassicole que l’inverse.

La culture brassicole belge a toujours navigué entre folklore et innovation. On célèbre les bières historiques, mais on n’hésite pas à créer des gammes modernes, à jouer avec les fruits exotiques, à revisiter les codes visuels. Mort Subite s’inscrit dans ce mouvement. Les nouvelles étiquettes colorées de la gamme Juicy parlent clairement à un public habitué aux canettes d’IPA flashy, sans renier la base lambic qui fait la personnalité de la maison.

Dans les discussions entre amateurs, une question revient souvent : faut-il considérer Mort Subite comme une « vraie » bière artisanale ou comme une marque d’entrée de gamme pour lambic ? La réponse la plus honnête se situe quelque part entre les deux. Sur le plan du process, avec la fermentation spontanée et les longs vieillissements en fût, on reste clairement dans un univers artisanal au sens technique. Sur le plan économique, la marque appartient à une structure plus large, avec les contraintes que cela suppose. L’important, pour le buveur, reste le contenu du verre et la cohérence stylistique.

Dans cette perspective, Mort Subite rappelle une autre évidence : les frontières entre « craft » et « industriel » ne sont pas toujours aussi nettes qu’on aimerait le croire. Une petite brasserie peut produire des bières très moyennes, quand une structure plus large peut préserver un style historique exigeant. La clé, c’est la fidélité à ce qui fait l’identité de la bière : ici, le lambic et tout ce qui va avec.

Pour ceux qui aiment sentir le pouls de cette scène en direct, des visites de brasseries, des inaugurations de nouveaux sites ou des collaborations entre brasseurs offrent de bons thermomètres. On voit par exemple comment d’autres projets racontés sur Malt Émoi, comme certaines ouvertures de brasseries, s’inspirent parfois de ce mélange entre tradition locale et langage moderne. Mort Subite joue alors le rôle d’un repère, une sorte de balise qui montre qu’on peut faire du lambic tout en parlant à un public large.

Au final, que l’on soit puriste du lambic ou simple curieux qui veut sortir des sentiers battus, Mort Subite reste un point de passage presque obligé pour comprendre comment la Belgique a su faire d’une bière acide une icône populaire.

Quelle est la différence entre Mort Subite et une bière blanche belge classique ?

Mort Subite appartient à la famille des lambics, des bières de fermentation spontanée où le moût est ensemencé par les levures sauvages de la vallée de la Senne, puis vieilli en fût de chêne. Le profil est sec et acidulé, avec des notes boisées et fruitées. Une bière blanche, elle, utilise une levure sélectionnée, une proportion importante de malt de blé et des épices comme la coriandre ou l’écorce d’orange. En bouche, la blanche est plus douce et épicée, Mort Subite plus vive et acide.

Comment bien servir une Mort Subite Lambic Kriek ?

La Lambic Kriek Mort Subite se sert idéalement entre 4 et 6 °C dans un verre type flûte ou calice. Cette température met en valeur les arômes de cerise tout en gardant l’acidité nette et rafraîchissante. Il vaut mieux éviter de la servir glacée, ce qui écraserait les arômes, ou trop chaude, ce qui accentuerait la sensation sucrée. Un service propre, avec une mousse rosée bien formée, participe aussi au plaisir de dégustation.

Les bières Mort Subite sont-elles très sucrées ?

Les versions fruitées comme la Lambic Kriek ou la gamme Juicy présentent une certaine douceur liée au jus de fruits, mais la base de lambic reste sèche et acidulée. En pratique, la finale est souvent plus rafraîchissante que sucrée. Pour ceux qui cherchent des profils encore plus secs, il existe des cuvées de lambic moins fruitées où le sucre résiduel est très limité, avec une acidité bien mise en avant.

Peut-on accorder Mort Subite avec des plats salés ?

Oui, et c’est même un de ses points forts. La Lambic Kriek s’accorde très bien avec des fromages à pâte dure, des charcuteries peu fumées ou des plats asiatiques légèrement épicés. Les lambics plus secs fonctionnent avec des fruits de mer, des poissons crus marinés ou des légumes grillés. L’acidité joue un rôle proche de celui d’un vin blanc sec, en apportant fraîcheur et contraste.

Mort Subite convient-elle aux amateurs d’IPA très houblonnées ?

Mort Subite propose une expérience différente de celle d’une IPA. Le houblon y est discret, l’acidité naturelle du lambic prend le dessus. Beaucoup d’amateurs d’IPA apprécient Mort Subite justement parce qu’elle offre une alternative quand ils veulent une bière de caractère sans surcharge d’amertume. La gamme Juicy, avec ses arômes fruités intenses, peut aussi plaire à ceux qui aiment les IPA tropicales, tout en restant ancrée dans le monde du lambic.

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